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Retour Couleur Burkina



Ils forment des remparts. Comme ça, au milieu de rien… La terre rouge, la poussière, des arbres à l’infini, quelques arbustes agités par l’harmattan, quelques touffes d’herbe jaune. Et puis là, au milieu de cet espace trop grand pour les yeux, sous ce ciel énorme, une poignée de maisons en terre, carrées, grises, des gosses qui surgissent de nulle part, des poules, des femmes. La vie, un village… Ils ne s’affichent pas. Au contraire, ils se cachent, à l’écart des maisons, mais si près ! Ils se serrent les uns contre les autres, comme s’ils avaient peur, comme s’ils se donnaient mutuellement le courage d’être là. Enormes masses carrées. Sous leurs pieds, de grosses branches se croisent pour les détacher du sol. Ils semblent à l’arrêt, prêts au combat. De grandes pointes de bois sortent de leur ventre comme autant de lances invraisemblables. De petites ouvertures guettent le visiteur....



Un chef ? Peut-être, mais qui sait ? Et d’abord, qu’est-ce qu’un chef ? Lui, il est jeune. On ne saura jamais qui il est vraiment, une rencontre, un regard… Il n’est rien d’autre que son village, sa mémoire, son odeur, son sang. Les petits tournent autour de lui, ils le regardent depuis par terre, il est grand, il est immense. Il a les yeux fermés de celui qui sait, qui ne dit rien, qui attend. Il faudra toute la sagesse de Sama, l’ami Burkinabé, pour vaincre les apparences, pour réssusciter la confiance, pour convaincre....



Autour du puits chaque geste est compté, l’ordre règne, un ordre féminin. Il n’y a que les femmes pour donner tant de légèreté à ce moment unique, pour en faire un hymne à la vie. C’est entre leurs doigts, dans leurs bras, sur leur tête que dansera tout à l’heure le précieux liquide. C’est elles qui le porteront, le dos meurtri par le poids des bidons. Le labeur et la douleur ne les effraient pas, elles ont le pouvoir de l’eau, mystère insondable qui se transmet de mères en filles. C’est autour du puits que se lit la hiérarchie, sous l’œil des plus vieilles, dans les cris et les rires des enfants, dans une explosion de couleurs et de chants. ...



De l’eau à profusion née de la main des hommes. Ici, à Tougan, à Titao, les digues ont été bâties pierre par pierre. Elles capturent l’eau du ciel à la saison sèche, elles autorisent l’homme à rêver de légumes, de fruits et de lendemains plus doux. Chaque jour, ils viennent, réguliers comme le pas des troupeaux, ils remplissent leurs citernes, chargent leurs remorques sous l’œil placide du dromadaire et s’en vont au soir dans le murmure brûlant de la savane.

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Ce ne sont que quelques traces sommaires, presque rien. Une calebasse éculée, un toit de branches sèches, des épines en guise de clôture, mais tout montre la détermination des peuples Peuls et Bellas à vivre sur leur terre. De génération en génération, les hommes du Sahel ont appris le vide et le silence. Le poids du ciel et la dureté de la terre ont fait grandir leur humilité et leur cœur. Une harmonie incroyable qui unit toute la chaine de la vie pour aller à l’essentiel.



Les bergers Peuls ont abandonné leurs cases pour suivre leurs bêtes jusqu’aux points d’eau. Ici, tout n’est que vide, les habitations soigneusement fermées jusqu’au retour… Dans quelques mois. Seul le vent brûlant fait entendre sa plainte. Des briques blanchies par le soleil, des toits de branchage et sur le sol, encore imprimées quelques empreintes de bétail datant des dernières pluies, il y a près de six mois. Le Sahel est un maître inflexible, mais dans sa fournaise permanente la vie poursuit sa farouche obstination jour après jour.




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